| Accueil |
| Présentation |
| Nos Solutions de Financement |
| Nos Autres Services |
| Nos Projets Références |
| Ils nous ont fait confiance |
| Nos Partenaires |
| Actualités |
| Recrutement |
| Contacts |
| Accès Privé |
Actualités
-
Nicolas Bonnet et Fabien Marty d’Efficient Innovation / HLP Développement seront présents le 24 mai au…Lire la suite...
-
Conférence BlackSwan
Lire la suite...Jean-Louis Aune du cabinet conseil Efficient Innovation intervient le 22 mai à la SKEMA Executive lors d'une conférence sur l'innovation…Lire la suite...La newsletter de mars du PCN transports met à l’honneur le projet OPERA4FEV page…Lire la suite...La Stratégie de Lisbonne a maintenant plus de 10 ans… Etablie…Lire la suite...
| Financement de l’innovation : s’est-on trompé de cible ? |
|
La Stratégie de Lisbonne a maintenant plus de 10 ans…
Etablie en 2000, elle comportait comme axe central de « repenser les conditions de la compétitivité dans le cadre d’une économie de la connaissance, dans laquelle l’innovation joue un rôle majeur. » (Eli Cohen, « Politique Economique et croissance en Europe », 2006). Faire de l’Innovation le moteur de croissance européenne, tel était son credo. Face à cette quasi-nécessité de redynamiser l’activité sur le territoire européen, la Commission Européenne a donc pris un certain nombre de mesures. Ces dernières ont consisté principalement en l’établissement d’un panel de dispositifs financiers communs aux entreprises et aux centres de recherche, imaginés et pensés dans l’optique idéale d’inciter à l’innovation. Seulement voilà. Au terme de cette période de 10 ans, le constat est là : si l’on se réfère au critère reconnu de manière unanime par les politiques actuelles, les résultats ne sont pas à la hauteur. Ce critère, axé sur les dépenses effectuées en Recherche et Développement, avait pour objectif d’atteindre le seuil des 3% de ces dépenses investies dans le PIB, comme si, mécaniquement, des profits avaient du suivre cette augmentation de dépenses de R&D. Hormis le fait que la majorité des Etats, à l’image de la France, n’ont pas atteint ce but, on peut se demander si le fait augmenter les budgets de R&D est bien la meilleure solution pour créer de la valeur. L’innovation a toujours et continue à être synonyme de difficulté pour une entreprise. L’acte d’innover, de changer les règles, comporte bien sûr un certain nombre de risques qui freine de plus en plus les entreprises dans cette démarche. A l’heure où les comités d’actionnaires et les décideurs veulent toujours plus de garanties quand au résultat d’un projet, il devient difficile de se lancer dans une aventure dont les résultats ne sont pas assurés d’une part, et qui mettront un certain temps à devenir visible d’autre part. Nous avons parlé de risque plus haut, que l’on pourrait décliner comme suit : risque technologique, risque psychologique, risque commercial,… mais qui ramènent tous, aux yeux des décideurs, au risque financier qui a bien souvent le dernier mot : « Dans combien de temps vais-je constater un retour sur investissement à X% sur ce projet ? ». Ces mêmes financiers essaient constamment de « représenter au plus près ce risque, d’en mesurer les conséquences et de prévoir son occurrence au moyen de calculs probabilistes » (Patrick Peretti-watel, « Risque et innovation : un point de vue sociologique », 2003). « Les économistes distinguent habituellement les univers risqués, incertains et indéterminés ». Or, l’innovation a précisément cette caractéristique d’être constamment corrélée et dépendante de l’environnement, ce qui a pour effet de la rendre incertaine, impalpable et non prévisible en matière de risques. « En période de rapide évolution, il est impossible pour l’assureur de ré-écrire constamment les procédures dans le but d’aboutir à une mise en risque permettant de les maîtriser » (Patrick Peretti-watel, « Risque et innovation : un point de vue sociologique », 2003). On mesure bien dans cette citation l’ambition première de ce financement de l’innovation. En axant les aides publiques sur la réduction ou le partage des risques, on a voulu inciter à l’émergence de projets innovants, de collaborations de programmes de recherche, etc. En raisonnant uniquement sur la notion de risque, le financeur se positionne comme un « assureur » vis-à-vis des entreprises, dans lesquelles il n’incite, de fait, « qu’à l’innovation risquée ». Le problème du financement actuel commence peut-être ici : sa finalité de « mutuelle pour entreprises », que l’on peut directement expliquer par la cible qu’il subventionne, la R&D. Si l’on revient sur les objectifs visés par la Stratégie de Lisbonne et les actions qui en ont découlé, on réalise que ce n’est pas à l’innovation qu’on a fait la part belle car un seul acronyme est sous les feux des projecteurs dès lors que l’on parle d’Innovation au sens large : la R&D. Mais financer cette activité est loin d’englober l’ensemble des champs donnant lieu à des innovations. La R&D sert certes dans le cas du transfert de recherche ou dans celui d’innovations de ruptures technologiques ; En l’occurrence, financer ce type d’innovation directement liée à un risque est donc dans ce cas bénéfique en favorisant les collaborations entre secteurs public et privé par exemple. Mais, on peut se poser la question de savoir si ce choix particulier qui a été fait de placer l’innovation sous la seule coupe de la R&D : ne serait-ce pas précisément la raison de cette crainte d’innover ? « Booster l’Innovation », est-ce une seule affaire de R&D ? N’est-ce pas trop restrictif ? Nombre d’innovations ne se réduisent pas « qu’à » des dépenses de ce type et naissent d’autres initiatives. Que fait-on des autres gammes d’innovation dont font partie toutes les phases de réflexions ? En particulier, quid des processus amont d’Innovation, qui précèdent les investissements de R&D ? Que fait-on des actions de réflexions englobant aussi bien les phases de créativité que de hiérarchisation d’axes créateurs de valeurs, en passant par la recherche de sources d’Innovation ? Qu’en est-il des actions de marketing de l’innovation, vitales pour l’identification d’applications de nouveaux produits ou pour la diversification d’anciens ? A l’heure actuelle, quasiment aucun organisme public ne finance ce genre de prestation. Concernant le cas particulier du marketing, les quelques budgets que l’on peut espérer obtenir sont de l’ordre de 5 000 à 10 000 euros : on l’aura compris, pas de quoi faire une étude approfondie et pertinente. Or le manque d’information pertinente sur les marchés à venir est traditionnellement un des maillons les plus faibles du processus d’innovation… Ces chiffres confirment d’ailleurs une tendance globale qui est que la « capacité de transformation de l’idée en innovation effective lancée sur les marchés par les entreprises Françaises soit un point de difficulté par rapport à d’autres pays Européens. » (Marc Papanicola , « R&D et Innovation marketing : la recherche d’équilibre », 2011) Si les entreprises n’innovent toujours pas assez malgré les aides mises à disposition par l’Europe, c’est que ce facteur risque reste encore trop grand aux yeux de beaucoup d’entre elles qui ne veulent pas le tolérer pour déclencher cette démarche. Pourquoi ne pas plus s’intéresser aux phases amont énoncées plus haut ? Pour le cas de l’Innovation, l’accent devrait être porté sur l’origine du projet, sur son essence même et sur la viabilité de son concept. En effet, dans la phase de réflexion située à l’initiation d’un projet, aucune dépense n’a été engagée. « Aucune dépense » veut donc dire à priori « aucun risque » pour les financiers. Plus loin encore : pour un iso-investissement, le potentiel d’un projet peut se voir considérablement augmenté et être d’autant plus créateur de valeur qu’on prend le problème en amont. Il est en effet bien connu qu’un problème bien posé est à moitié résolu. Comme commence à le remarquer l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), « une meilleure organisation autour de la phase amont du tunnel d’innovation est le meilleur rempart pour obtenir un réel retour sur investissement des dépenses d’innovations. » (« Science, technologie et industrie : Perspectives de l'OCDE », édition 2010). Des aides ciblées sur ces aspects de l’Innovation auraient pour avantage de combiner l’approche « zéro-risque » d’une part, mais également une vision plus élaborée et approfondie dans le choix de projets porteurs. Cela semble donc être une facilité que de vouloir traduire l’Innovation uniquement par le biais de la R&D. Et le piège est d’autant plus facile que cette forme d’innovation a le mérite d’être repérable justement parce qu’elle coute de l’argent. Or, cette manière restrictive de traiter l’innovation, on l’a vu, n’est pas à la hauteur de ce qui était espéré. Le financement de l’Innovation doit peut-être maintenant changer de cap en prenant du recul, et en agissant sur les leviers appropriés, à savoir l’étape de réflexion des projets et de manière générale tout ce qui se situe en amont du lancement de projets. Il faut cependant nuancer le discours et la conclusion que l’on peut faire de ce qui vient d’être énoncé est la suivante : les démarches telles le Grand Emprunt représentent et restent de très bonnes initiatives de la part des états pour encourager l’Innovation. Mais plutôt que de vouloir allouer automatiquement ces sommes à l’affinage / optimisation des dispositifs actuels, très tournés vers le financement de la R&D rappelons-le, peut-être vaudrait-il mieux compléter ces derniers en proposant de nouvelles formes d’aides plus en amont et plus en aval. L’Innovation a vraisemblablement encore à son actif des facettes en attente de financement : fonçons !
Rédacteurs : Paul MILLIER – Professeur EMLYON
|







